artiste autogéré

B O L I D E S   O R D A L I Q U E S

Quand les bolides auront flambé, qu’on n’se souviendra plus de rien.

L’histoire aura beau se méfier, nos pas ne mèneront plus bien loin.

Quand le solide aura flanché, des cordes cassées pour seul soutien.

La course au pire étant gagnée, qu’est-ce qu’on devient ?

Mirages déchus, visages déçus, images d’un début disparu dans le lointain.

On ne crève même pas, on ne rêve même plus, on ne se soutient pas, tout juste on se maintient. Entre le 0, le plus et le moins 1. Un truc du genre du genre humain. Humble gentlemen enfin qui s’essayent à satisfaire leur instinct, sans faire couler trop de sang, sans déchirer le dessin que leur offre l’instant. Sans désirer ce qui s’éteint, sans dire : « ça reviendra demain », parce que c’est toujours pire de croire que l’obscurité s’éclaire d’une autre lumière que celle qu’on peint soi-même sur les murs. Et Dieu sait qu’on a peint c’qu’on pouvait, qu’on a peint son portrait partout pour pas risquer qu’il se passe de nous si jamais… Mais l’histoire a parlé.

Quand les bolides auront flambé, les murs tombés, l’histoire aura beau se méfier, nos pas, pressés mais trébuchants, soumis aux aléas du temps, sauront-ils se faire tranquilles enfin ? Sauront-ils faire silence, avant que le grand silence ne nous efface. A jouer l’avenir à pile ou face, nos pervers plaisirs ordaliques ont pris la place que l’homme, étourdi de lui-même, laissait vacante. Que Dieu nous sauve s’il se dit que nous le méritons. En attendant, faisons tourner la suprême planche à biftons…

Et en avant pour la danse !