artiste autogéré

des textes

ici je donnerai à lire, petit à petit, un peu ce qui me viendra : des textes tout neufs, des fragments, des vieux brouillons sauvés du fond d’un tiroir poussiéreux… et puis aussi, sans doute, les textes que j’interprète sur scène. Venez voir de temps en temps. Je vais tenter d’alimenter !


Funambule Ophélie,
tu marchais sur le fil
de ma mélancolie,
le vide te grisait.
Je rêvais que tu chutes
Et nous vidions des verres
pour voir nos yeux briller

Textes du disque « EPopée floue » :

1 – paranoid child

2 – avant que tu ne disparaisses

3 – sweet city

4 – bolides ordaliques

5 – les lumières de la ville

– – Les yeux du temps – –

Je viens d’un temps qui n’aura jamais lieu
Je n’ai d’yeux que pour le temps qui viendra quand il peut
J’attends sans impatience car ce qui doit vient sous peu
Soulever les doutes, réchauffer le silence
Je sens que ce qui m’émeut ne dure jamais longtemps
Mais j’y pense à longueur de temps et c’est sans doute mieux
Je veux, je vois, je viens vers ce versant pluvieux
Les voeux au vent, les cheveux dans les yeux
Vive ! Vivement que, vivement que
quelque chose advienne. Demain.

Je viens d’un temps qui n’aura jamais lieu
Je n’ai d’yeux que pour le temps qui viendra quand il peut
Je sais que ce qui m’enchante c’est : “dis-moi ! quand tu veux…”
Je sens que ce qui me met en danger, c’est de jouer le jeu
Je prends tout ton temps si ton sang s’échauffe
Je vends du sentiment si tu m’en prêtes un peu
Reste dur, peste sur ce qui te reste
Teste, mord. Geste à tort qui me traverse
Averse bleue. Perce le ciel et ne verse que
ce que mes airs te laisse. Et berce-les.

Je suis né dans un lieu apparu dans longtemps
Je suis le chant des vieux pour leurs petits-enfants
Je veux, j’entends, je tiens dans mes mains plein de printemps
Des étés, des hivers et des automnes aussi
Étonné, tête le suc par tous les pores
La vie me glisse sur la peau, je n’ai, dès lors,
ni Dieu ni maître, ni maîtresse attitrée
à part la nuit qui m’a vu naître et cette nuit-ci
Ci-gît, ici-vit, lui, cet homme en devenir
devinant ce qu’il est avant de s’endormir…

Je suis né dans un champ, dans un temple en feu
sur une planète de trop, sous des cieux moins cléments
Un nanti de la nuit, du jour le paria
J’ai sifflé tout le chaud et je souffle le froid
Triste prêtresse, traîtresse, toi qui as
si mal tressé nos voies, que nos voix sont faussées
Tu verses l’huile sur le feu, sous l’animal blessé
Laisse, cesse, ressens ce présent qui s’offre à moi
Cent fois et sans faillir, je l’avais pressenti
Dernière danse, presque heureux, il est sans doute temps d’en rire

Je viens d’un temps qui n’aura jamais lieu
Et je n’ai d’yeux
que pour le temps
qui viendra.

 

– – … – –

et si le soir était un arbre, on pourrait grimper dans ses branches,
on y construirait une cabane pour s’y cacher du monde,
on écouterait le vent nous dire ce qui se passe en bas,
sans trop regarder par dessus pour vivre sans vertige pour une fois,

si le soir
était un arbre
je crois que j’aimerais ça


– – AUTO-THÈME – – (réponse à Auto-détermination de Gherasim Luca)

la manière de
la manière de Luca de
la manière de Luca de loucher
non
la manière de Luca de caler
la mère de Luca
en caleçon
la leçon de Luca
la façon
de coller des mots look
et couleurs
écolières
la manie de nier la colère d’écolier
râle rallier graal l’hier
l’escalier escale
la tanière
la lucarne de la tanière
le regard lu
le collier de sa mère
le regard amer de Luca sur
sa mère, man !
sa mère manie
sa mère s’anime
ses mules, man !
humiliant
la mine de Luca à minuit
minot
lui et sa mine de mots
ses mots thèmes
tout
totem
la manière de Luca de caler des mots, c’est tout un totem
100 totems
aime mais mais tard trop
hume l’air et l’accuse oui !
sans manière non !
la muse de Luca c’est sa mère

– – Désastre évident – –

Cristal – diamant
départ – dément
détale – amant
bétail – aimant

le sol en braille
en selle sans boussole
et sans aile
sans la moindre étincelle

Sentier – pente
sans pied – tente
rentier – Dante a tout dit

Désert – ancre
frontière – centre
promesse – ventre étourdi

Sac de sel – digère
sac de terre – avale
pack de bières – image

des étoiles – à terre
des baffes
désastre
évident

Avez-vous bien suivi les instructions ?

(juillet 2011)

… à suivre !