artiste autogéré

les lumières de la ville

 

Les lumières de la ville pleurent

 

Les lumières de la ville ont peur

 

Les lumières de la ville nous envoient des signaux

 

Les lumières de la ville craignent l’eau

 

La ville est sous le charme

 

La ville apprécie le vacarme des lumières qui crient à s’en fendre l’âme

 

 

 

Les lumières de la ville veulent briller

 

Les lumières de la ville peuvent prier

 

Les lumières de la ville voudraient se voir d’en haut

 

Les lumières de la ville écoute le flot de la ville grouillante qui les nargue

 

La ville est un désert mouvant qui nous prend pour ses grains de sable

 

 

 

Les lumières de la ville ont mal au cœur

 

Les lumières de la ville supportent mal ses odeurs

 

Les lumières de la ville sont portées sur l’alcool

 

Les lumières de la ville décollent

 

Et la ville les voit s’écraser en riant

 

La ville est une garce qui méprise ses amants

 

 

 

Les lumières de la ville tiennent encore

 

Les lumières de la ville se verraient bien au port à guider les bateaux égarés

 

Les lumières de la ville se seraient bien barrées si

 

La ville, pour une nuit, avait cessé de respirer

 

Dans leur cou, son haleine écoeurante

 

La ville et ses rues glissantes

 

Ses passants, ses passantes

 

Piétinant ce que chantent les lumières de la ville malgré tout

 

Les lumières de la ville se contentent de bercer leurs voisines

 

Les lumières de la ville ont l’urine abondante à leurs pieds

 

La ville s’est oubliée

 

La ville s’est oubliée

 

Et les lumières de la ville,

 

Témoin de ce déclin,

 

Muettes à souhait,

 

Oublient qu’elles sont lumières

 

Et laissent à l’aurore qui vient

 

Le soin de les faire taire

 

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